Infographies




Destinations des passagers locaux au départ des aéroports suisses, 2024
En 2024, 24,2 millions de passagers ont pris leur vol depuis les aéroports suisses. Près de quatre sur cinq avaient pour destination l'Europe.
Gain d'efficacité : mouvements d'avions vs. nombre de passagers depuis 2000
Depuis 2000, le nombre de mouvements aériens (décollages et atterrissages) dans les aéroports suisses a diminué de 12 %, tandis que le nombre de passagers a augmenté de 67 % au cours de la même
...période. Cette évolution contrastée s'explique par l'utilisation d'appareils plus grands et par un taux de remplissage plus élevé.
Le litige concernant les redevances de Skyguide
On reproche à Skyguide d'avoir augmenté ses redevances de 50 %, alors que le trafic aérien n'a progressé que de 11 % au cours de la même période. L'UE doit approuver ces redevances ; les compagnies
... aériennes risquent de devoir rembourser des montants s'élevant à plusieurs millions.
Contexte : Skyguide doit financer intégralement ses investissements et la formation de son personnel — selon les informations fournies par l’entreprise, la formation d’un contrôleur aérien coûte environ 700 000 francs, tandis que la France prend en charge les coûts du contrôle aérien par le biais de l’État. Les services de contrôle aérien européens bénéficient en outre de subventions de l’UE pour leurs investissements : selon Alex Bristol, PDG de Skyguide, la France aurait reçu plus de 150 millions d’euros de Bruxelles sur quatre ans (déclaration de 2022, non vérifiée de manière indépendante) — un désavantage structurel que la Suisse, en tant que pays non membre de l’UE, ne peut pas compenser (SRF ; Watson).
Cette logique d’autofinancement n’explique toutefois que partiellement la différence de coûts et est relativisée par deux contre-arguments. Premièrement : Regula Dettling-Ott, présidente jusqu’en mai 2023 du groupe d’experts européen « Performance Review Body » et aujourd’hui experte en droit aérien à l’Université de Berne, estime l’écart par rapport au groupe de référence européen, même après ajustement en fonction du coût de la vie, la complexité de l’espace aérien et les pics de trafic, à environ 40 % (NZZ, mai 2026) — il s’agit d’une estimation fondée d’une experte, et non d’une étude récente réalisée pour le compte de l’UE. Deuxièmement : selon le Contrôle fédéral des finances (CDF), une part importante de ces coûts élevés est imputable à la Suisse elle-même. Le projet informatique «Virtual Center», qui coûte 286 millions de CHF, soit bien plus que prévu (234,6 millions déjà dépensés), accuse un retard d’environ dix ans et n’offre plus que 55 % des fonctionnalités initialement prévues. La NZZ constate que même après la correction exigée par l’UE, les redevances de Skyguide devraient rester les plus élevées d’Europe (NZZ, juillet 2025). Actuellement, l’Allemagne ne reverse pas ces redevances à la Suisse (SRF, 22 juillet 2026).
Skyguide 2025 : évolution des redevances et retour à la rentabilité
Depuis lors, le conflit s'est aggravé : début 2025, Skyguide a de nouveau augmenté ses redevances (survols +38 %, atterrissages +24 %), ce qui s'est traduit en 2025 par un bénéfice consolidé de 55,2
...millions de CHF (contre -18,9 millions l'année précédente). La Commission européenne a déjà rejeté à deux reprises le plan de performance suisse 2025-2029 et exige des économies de 289,5 millions de CHF (58 millions de CHF par an). Skyguide prévoit donc de supprimer jusqu’à 220 postes d’ici fin 2027 (NZZ).